Législation
Chez soi
En règle générale, toute plantation est interdite à moins de 50 cm de la limite de propriété; les plantations dépassant 2 m de hauteur doivent se trouver à au moins 2 m de la propriété voisine. (Articles 671 et 672 du Code Civil).

En bordure de voirie
- Routes nationales : toute plantation est interdite à moins de 6 m du bord de la voie
- Routes départementales & communales : toute plantation est interdite à moins de 2 m du bord de la voirie
- Chemins ruraux : « les plantations d’arbres et de haies vives peuvent être faites le long des chemins ruraux sans condition de distance, sous réserve que soient respectées les servitudes de visibilité et les obligations d’élagage prévues à l’article R161-4. » (Ou se référer à la réglementation communale particulière)
- Plantations réalisées par la commune, propriétaire du chemin : la commune est en droit d’aménager elle-même ses ouvrages publics en les plantant d’arbres ou de haies vives. Là encore, la voie ne devra cesser de répondre aux caractéristiques techniques inhérentes aux chemins ruraux telles que précisées aux articles R 161-8 et suivants.
En bordure de cours d’eau
Cours d’eau non domaniaux et plans d’eau : les arbres ne doivent pas gêner le bon écoulement des eaux. Une servitude de 4m peut être imposée au profit d’une collectivité.
En bordure de voie ferrée
Loi du 15 juillet 1845 : se tenir à 6m de la limite de l’emprise SNCF pour des végétaux de plus de 2m de haut ; 2m de la limite pour les autres.
A proximité de réseaux
- Gaz, eau : Bande non plantée de 5m de large centrée sur l’ouvrage
- Lignes électriques : Distance à respecter de 2 à 5m de part et d’autre de l’aplomb de la ligne (selon le type de ligne)
Pour les lignes présentes en bord de voirie, la plantation ne peut être effectuée qu’à une distance de 3m pour une hauteur de moins de 7m. Cette distance augmente d’un mètre (jusqu’à 10m) pour chaque mètre de plantation au dessus de 7m avec obligation d’élagage.
Le fermage
Le propriétaire peut planter sur les terres louées si cela est stipulé dans le bail ou si le fermier est d’accord. Le propriétaire est alors responsable de la gestion des haies.
Le locataire peut également planter avec l’accord du propriétaire ou si cela est stipulé dans le bail. Dans ce cas, c’est au locataire d’assurer la gestion de la haie.
Entre 2 propriétés voisines
Si la haie appartient à 1 propriétaire :
Le voisin peut contraindre le propriétaire de la haie à couper les branches qui l’envahissent mais n’a pas le droit de les couper lui-même : si sa demande écrite n’aboutit pas, il doit entamer une procédure auprès du tribunal d’instance.
Cas des haies mitoyennes (végétaux plantés sur la limite séparative de deux terrains) :
Tout ce qui provient des arbres ou haies mitoyens doit être partagé par moitié (récolte, coupe, entretien).
Si un propriétaire souhaite couper des arbres (et non des haies), il doit en faire la demande préalable à son voisin, lequel ne peut en principe pas s’y opposer (sauf usage local contraire). Pour une haie, le propriétaire peut la détruire, mais uniquement jusqu’à la limite de propriété. Il a alors l’obligation de la remplacer par un mur qui sera sa propriété exclusive.
Le long d’une voie ouverte à la circulation
L’entretien est régi par des arrêtés préfectoraux et règlements de voirie départementale.
Lorsque les arbres des riverains dépassent sur les voies publiques, l’administration peut mettre en demeure les propriétaires de procéder à l’élagage. Si ces derniers n’agissent pas, l’administration peut faire procéder d’office à l’élagage à leurs frais.
Un chemin rural relève du domaine privé de la commune qui doit assurer le libre passage du public, mais n’a pas d’obligation de l’entretenir. Le maire peut, par arrêté, mettre les habitants de sa commune en demeure de tailler et élaguer leurs haies situées le long des chemins ruraux, et ce pour des raisons de sécurité, de visibilité et de commodité de passage.
Le fermage
Le locataire qui souhaite supprimer une haie doit, préalablement à la destruction, obtenir l’accord de son propriétaire qui a 2 mois pour s’opposer à la destruction.
Lignes électriques
La nouvelle PAC de 2023 est en continuité de la précédente dans la reconnaissance des arbres, haies et bosquets en tant qu’éléments à part entière de l’exploitation agricole.
Le premier pilier, remanié par rapport à la PAC précédente, valorise (un peu) la bonne gestion de haies par le biais du Bonus Haie pris en compte sous réserve que l’exploitation soit labellisé Label Haie.
La haie est protégée par le respect de Bonnes Conditions Agro-Environnementales (BCAE) dans le cadre de la conditionnalité des aides où elle est reconnue pour ses rôles écologiques par le biais des Infrastructures Agro Environnementales (IAE). La BCAE 8 précise également les règles de déplacement/arrachages des haies et fixe les périodes d’entretien, du 16 août au 15 mars, afin de respecter au mieux la faune sauvage.
Quand au second pilier, il propose, via les Mesures Agro-Environnementales Climatiques (MAEC) des aides financières pour leur entretien et leur présence sur l’exploitation, sous réserve que ces mesures soit ouvertes sur les territoires.